(La parenthèse doit débuter par une recommandation, il y en aura deux. Déjà, pour qui se soucie encore de sauver les éditeurs indépendants, les jeunes historiens et la recherche novatrice, La Bataille des Chênes Verts, de Sébastien Malaprade, chez Anamosa. Ensuite, pour qui cherche une syntèse parfaite sur les métaux, l’économie de la ressourc et la quête de réindustrialisation, Reforger la France, de Robert Jules et Didier Julienne, chez L’Aube. Les deux se lisent en une journée et se referment sans l’impression d’avoir été dérangé pour rien. Plus laudativement, voici deux essais bien écrits, où le lecteur apprend beaucoup, qu’à peu près tous les journalistes, militants et politiques qui comptent devraient dévorer. La seule nouvelle politique importante de la semaine tient dans la démission de Christine Lagarde, sans doute candidate dans quelques semaines imagine-t-on, ou sur un ticket ; nul besoin de la blâmer ou de l’encenser, par devoir de réserve. Nulle nécessité de voir, chez une candidate elle déclarée, combien le faux pacifisme quant à l’Ukraine et la nouvelle architecture de sécurité européenne ne se trouve même pas en grattant sur la surface mais d’emblée sur son site ; opinion libre mais d’un décevant… La seule vraie nouvelle économique tient dans les publications INSEE de vendredi sur la stagnation de notre PIB, après laquelle des économistes commencèrent enfin à parler de récession, expression qu’ils attendaient sans doute avec la même impatience que Sylvia hurlant le mot, le mot ! à Simon dans Un Conte de Noël. Aboutir à un acquis de croissance de 0,3% pour 2026, à en écarter les yeux devant le tableau. Une présidentielle en pleine chute économique temporaire: hypothèse pas vécue depuis 2012. Cette situation aboutit alors la victoire à une primaire de la gauche du candidat le plus raisonnable puis la remontée inattendue d’un Président sortant pourtant en apparence haï par une bonne part de la population et une clare majorité de la presse. Toutes choses relevant de la science-fiction aujourd’hui, bien que survenues il y a moins de quinze ans ; pour autant, l’inconnue majeure, l’évidence cachée, l’hypothèse décisive le 18 avril prochain demeurent: où se dirigeront les 9 783 058 bulletins Macron du premier tour en 2022 ? Que des candidats les désirent, les cherchent, les pourchassent comme des lépidoptéristes, pourquoi pas, d’un pur point de vue stratégique. Le chaland aimerait une clarification ou une liste aboutie des candidats, lesquels jouent le même menuet, surtout à gauche, depuis mai ; pendant ce temps l’économie coule, chacun s’assied sur les capitaux qu’il lui reste, et les relativismes montent.)
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