(Texte publié et remonté en quelques jours de vacances chez ma mère ; elle et son immeuble résolument opposés à toutes les revendications des lycéens, voulant à peine les entendre ; pas même par méchanceté, mais dans une vision de ces mineurs comme des infans, et surtout car la moindre destruction dans un lycée, le moindre proviseur menacé ou touché par un mortier, les offusquent. Cette parenthèse pour démontrer la distance entre un monde habituellement fréquenté où il est bon de soutenir à tout crin leur cause pendant que, silencieusement, la province regarde, à défaut de trahir, pense, à défaut de conclure. L’autre France n’a pas défilé, glisse ma mère, ce qui ne s’entend pas sans sourire juste après avoir lu une biographie de Massu s’achevant presque sur la fin mai 1968, la visite à Baden et la manifestation triomphale d’une droite et de vétérans planqués depuis trois semaines qui assurèrent au gaullisme une dernière victoire en chantant aux législatives qui suivirent. En tout cas la gauche, même de gouvernement, se trouve perdue pour au bas mot un an pour ces électeurs-là, lesquels comptent, et se diviseront bien mieux dans les urnes que les gauchistes de bureau ou du XIème Arrondissement)
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